Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ALGERIE 2014

Le Billet d'Humeur d'Ibn Ziri

QUI SE SOUVIENT DE LA SYRIE… Damas dans l’œil de l’OTAN

Publié le 6 Août 2012 par Arabies.over-blog.com in Islam


link

De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari
Les coalisés contre Bachar Al Assad ne veulent pas, contrairement à ce que pensent les gens en armes en Syrie, initier un processus de transition démocratique en pays ommeyade. Si tel était le cas on l’aurait su. L’Otan et les autres veulent démanteler la Syrie, un verrou sur le chemin de l’Iran ingérable pour Israël. Il faut donc irakiser la Syrie… C’est en cours…
Après avoir été les «rebelles», les «insurgés» puis «l’opposition syrienne», ensuite l’opposition armée syrienne qui a évolué vers l’armée de libération de Syrie, ALS, on rajoute toujours les 3 sigles en intercalé pour faire crédible. Aujourd’hui, un consensus semble difficile à dégager pour désigner les «gens en armes» contre le pouvoir central en Syrie. «Gens en armes» est tout indiqué parce que même le terme de citoyens armés serait inapproprié parce que beaucoup parmi ceux qui veulent en découdre, aujourd’hui, avec Bachar Al Assad, ne sont pas syriens. C’est avéré, reconnu, dit et analysé, certes timidement mais dit, tout de même. Pas dans les médias lourds, notamment audiovisuels, mais dans des revues ou émissions spécialisées. Les étrangers en armes en pays ommeyade sont saoudiens, afghans, pakistanais, yéménites, égyptiens, turcs et géorgiens. Il s’en est même trouvé des Palestiniens, pas nombreux mais islamisés à l’extrême, qui ont quitté qui El Qods, qui Ghaza, qui Bethléem et qui Ramallah pour en arriver aux mains et en sang avec cet ennemi parmi les ennemis qui est Bachar Al Assad. Dieu seul, et encore, sait pourquoi on oublie Israël, la situation en Arabie saoudite, pas reluisante du tout en matière de droits de l’homme et de la femme, du Qatar, même chose chez les wahhabites des Al Saoud et ailleurs dans le monde dit arabo-musulman pour vouloir démanteler le seul Assad et effacer de la géographie actuelle le mot Syrie. Avant-hier, les opposants de Bachar ont attaqué l’aéroport d’Alep et on les dit superbement armés et équipés. Pour contourner les vetos russe et chinois au Conseil de sécurité et parce qu’une opération à la libyenne semble difficile à concevoir et, surtout, à appliquer, l’on se tourne vers une solution aussi cruelle que porteuse de tous les dangers. Armer lourdement les «insurgés» et ne pas permettre, militairement, leur écrasement par l’armée régulière de Syrie. Avantage du plan aux yeux de ses promoteurs : paralyser pour une longue durée la Syrie, créer une zone de tension permanente pour fixer l’Iran et permettre à Israël d’occuper dans une plus grande discrétion encore des territoires palestiniens. Lorsque le jour viendra, si jamais il se présente, pour parler d’Etat palestinien, il n’y aura pas d’espace où l’installer. N. Sarkosy en discutant librement avec des chrétiens du Liban et de la Syrie a eu à leur adresse cette sentence : «Votre place n’est pas en Orient mais en Occident. Quittez cet espace et allez en France, aux USA, au Royaume-UNi, en Italie ou en Allemagne.» L’ex-président français, homme des marchés, faucon, étoile montante alors de l’ultralibéralisme, mariné à la sauce du cynisme moderne, indiquait-il des pistes ou donnait-il des instructions précises ? La partition de la Syrie après celle de l’Irak; en définitive, il n’y a plus d’Irak, seulement trois entités distinctes n’ayant rien à voir l’une avec les deux autres : kurde, chiite, sunnite. Le ministre des Affaires étrangères turc n’ayant, avant-hier, même pas daigné de faire semblant de passer par Baghdad pour discuter avec Barazani, l’autre Kurde mais d’Irak, ou de ce qui en reste La Turquie, membre pionnier de l’Otan, est-elle au parfum du nouveau découpage otanien de l’Orient ou joue-t-elle simplement les seconds couteaux pour des broutilles ? L’Occident donnera-t-il à Ankara ce qu’il enleva, au XIXe siècle naissant à Istanbul en décapitant tout simplement l’Empire, en éparpillant comme poussière les Ottomans ? Pas sûr. Retour sur Damas. Les positions inébranlables de la Russie et de la Chine par rapport à la question syrienne annoncent-elles du nouveau dans le rapport de force mondial qui puisse infléchir, un tant soit peu, la voracité des marchés, la cruauté de l’Otan et la cupidité d’une partie de l’Occident appelée proprement «communauté internationale» ? Alors qu’à l’Onu, en plus des Russes et des Chinois, les Brésiliens, les Argentins, les Sud-Africains, une grosse partie des Latinos, beaucoup d’Asiatiques et des voix différentes en UE sont plutôt du côté de Moscou et de Pékin. Damas en a-t-elle fini avec son chemin de croix ?
A. M.

 

 

Commenter cet article