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ALGERIE 2014

Le Billet d'Humeur d'Ibn Ziri

Pourquoi l’Algérie n’est pas la Tunisie et l’Egypte

Publié le 21 Février 2011 par Arabies.over-blog.com in politique

En ces temps troublés où souffle  un grand vent de changement sur l’ensemble du monde arabe, les medias qui longtemps ont gardés le silence par peur de la révolution ou par incompréhension de ce phénomène nouveau pour eux, se mettent actuellement (dans le souci de rendre simple à la compréhension de leur  public des situations complexes) à participer à un nouveau jeu :’’au suivant’’.

 

C’est un jeu très simple, que nous allons essayer d’expliquer de façon simple nous aussi :

 

1ere règle: donner une consistance scientifique au jeu ; pour cela utiliser une théorie de science politique, j’ai cité ’’l’effet domino’’… vous voyez ça fait déjà plus sérieux !

 

2eme règle: faire une short liste de pays candidats aux troubles dans le futur immédiat. Priorité est donnée aux pays où l’on n’a pas de résidence secondaire, où l’on ne passe pas ses vacances et où les chefs d’états actuels ne sont pas considérés comme des alliés sûrs de nos pays.

 

3eme règle: répéter ad-nauseam à coups de reportages, de plateaux télé composés de spécialistes et d’opposants « bon chic bon genre », qu’on a bien raison de s’intéresser à ce pays en particulier.

 

Enfin, il est toujours bien de mêler l’utile à l’agréable en désignant « au hasard » un pays avec qui nous avons des contentieux passé ou présent, au moins ça attiseras l’intérêt d’une catégorie de spectateurs qui porte haut dans le cœur les couleurs nationales.

 

Une fois que vous avez bien agité ce savant mélange, vous êtes sûr de réaliser l’exploit de : PASSER A COTE DE LA GRANDE HISTOIRE !

 

 

Regardons sérieusement, ne serait-ce que deux minutes, les événements qui se passent sous nos yeux. Quels sont les points communs entre les pays qui sont touchés de plein fouet par cette fièvre révolutionnaire.

 

L’explication du choix socio-économique ne tient pas car l’Egypte est le Bahreïn sont ultra-capitaliste, la Tunisie est social-démocrate et la Lybie était socialiste puis capitaliste dans la dernière décennie.

 

L’explication de la composante ethnique et religieuse ne tient pas non plus, l’Egypte musulmane et copte, la Tunisie pratiquante et laïque, le Bahreïn chiite et musulman et le Yémen tribal, sont autant de situations différentes et contradictoires que ce facteur s’exclut de lui-même.

 

Nous pourrons citer un nombre non exhaustif de raisons qui nous ramèneraient toujours au point de départ.

 

Ne vous inquiétez pas, vous n’avez pas lu tout ça pour finir l’article en queue de poisson. Nous essayons juste de vous amener doucement vers l’hypothèse finale qui nous servira de piste d’atterrissage à notre réflexion actuelle, mais aussi de rampe de lancement à une réflexion future.

 

Et si ; et si tout simplement le point commun entre tous les pays qui sont balayés par ce vent révolutionnaire et la ’’Némésis de l’idée de l’être national’’.

 

C'est-à-dire, que les régimes ne chutent pas en fonction de leurs résultats concrets ou comptables, de leurs choix doctrinaires ou philosophiques, mais tout simplement parce qu’aux yeux de leurs sociétés ; ils se sont détournés de ce qu’ils sont au fond, des membres inclusifs du corps arabe.

 

La Tunisie tourné vers l’Europe. L’Egypte, le Yémen et le Bahreïn tournés vers l’oncle Sam, la Lybie tourné vers l’Afrique sub-saharienne.

 

L’Egypte se rêvait en nouvel empire pharaonique, la Tunisie en nouvelle Carthage, le Yémen en un nouveau royaume de Saba,… etc.

 

 

Tous ces régimes ont eu en commun le bricolage d’une doctrine de rejet vis-à-vis de leur appartenance première, de leur identité immémoriale.

 

En tentant de substituer une mémoire plus ancienne à l’actuelle, qui leur paraissait plus attrayante et belle sans se rendre compte que celle-ci était un cadavre de civilisation, ils ont creusé leurs propres tombes.

 

L’identité première d’une nation quel qu’elle soit ne peut être combattue ou effacée.  Car sa dynamique se vengera de ceux qui la trahissent.

 

C’est une explication comme une autre, sûrement moins élaborée que d’autres d’ailleurs, mais c’est la bonne à notre avis.

 

Nous vous donnons nos pronostics pour le prochain ’’dominos’’ : la Jordanie.

 

Pour les autres pays (Algérie, Maroc, Syrie) ils connaitront des troubles, des jacqueries, des affrontements, des évolutions sûrement mais avec certitude pas de révolution.

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